130 participants ont répondu présents à la 12° édition des JTED – Journées Techniques Eau & Déchets – qui se sont tenues les 22 et 23 octobre 2025 à l’INSA de Toulouse.
Entreprises (44%), acteurs académiques (33%), institutionnels (20%) et collectivités (3%) ont pu échanger pendant deux jours autour de la question des circuits courts : comment bien collecter, séparer et traiter pour valoriser les ressources et comment penser les filières dans leur globalité pour optimiser cette valorisation. Les thèmes des biodéchets et de l’eau se sont croisés tout au long des échanges permettant de mettre en avant des points communs, des spécificités mais aussi des enseignements croisés.
Retrouvez dans cet article le programme, les présentations et les temps forts de ces rencontres organisées par TBI (INSA, INRAE, CNRS), le LBE (INRAE), le LGC (CNRS, INP, UPS), l’IMT Mines d’Albi, l’Agence AD’OCC, le pôle Aqua-Valley en partenariat cette année avec : l’Agence de l’Eau Adour Garonne, l’ADEME, l’ORDECO et la PFT GH2O.
SESSION INTRODUCTIVE
Ouverture des JTED 2025
- Gilles HEBRARD – Directeur Adjoint – INSA de Toulouse
- Bernadette CONTI (AD’OCC) et Mylène HACHE (Aqua-Valley)
État des lieux ► Télécharger la présentation
Jocelyne DI MARE – Chargée de mission – Agence de l’eau Adour Garonne
Etienne PAUL – Professeur – INSA de Toulouse
Mathieu SPERANDIO – Directeur Unité Adjoint – Toulouse Biotechnology Institute
Le bassin Adour Garonne, un bassin rural de 118 000 km2 et de 8,1 millions d’habitants, un territoire en pleine expansion démographique qui sera fortement impacté par le changement climatique avec une raréfaction de la ressource en eau : une augmentation de +2°C d’ici 2025 avec des impacts majeurs sur les débits d’étiage (-25 à -30%) ainsi que sur leur durée (+20 à 30 jours).
L’agence de l’eau a pour objectif d’atteindre d’ici 2027 un bon état écologique pour 70% des cours d’eau. Des objectifs réalistes avec des engagements concrets de la part de nombreuses stations d’épuration. Mais également la mise en place de la nouvelle DERU 2 qui va augmenter le niveau de traitement pour les stations les plus impactantes : LA DIRECTIVE EAUX RÉSIDUAIRES URBAINES RÉVISÉE
Les rejets domestiques, notamment nos excrétas, ont un impact non négligeable sur les cours d’eau du fait de la présence d’azote et du phosphore. Séparer et traiter les urines à la source offre une solution complémentaire au traitement centralisé. Bien que ne représentant que 1% en volume des effluents traités, elles contiennent 65% des micropolluants, 50% du phosphore et 80% d’azote. Cette séparation à la source permettrait également une économie d’eau.
Dans un contexte de raréfaction des ressources, la valorisation des nutriments, présent dans nos excrétas (azote, phosphore mais également en matière carbonée) ainsi que la sobriété représentent des enjeux majeurs pour l’eau mais également les biodéchets (déchets alimentaires). Cette démarche s’inscrit dans une économie circulaire qui sera au cœur des échanges de cette 12°édition des JTED.
SESSION 1 | BIEN SEPARER, COLLECTER, STOCKER
DÉCHETS
Conformément au droit européen et à la loi AGEC de 2020, le tri des biodéchets doit être déployé et concerne tous les professionnels et les particuliers depuis le 1er janvier 2025. En tant que service public de gestion des déchets, les collectivités territoriales sont donc tenues de mettre en place un tri à la source des biodéchets.
L’enquête de l’ADEME a montré que 47% de la population a une solution de tri des biodéchets à la source : gestion de proximité (compostage – 58% de la population en 2025) ou collecte séparée (soit l’équivalent de 32 kg/hab desservi en 2023 – 42% de la population en 2025) (Enquête nationale sur le tri à la source).
Cependant, 44% de la population déclare en 2024 ne pas trier ses déchets et 38% déclare ne pas être suffisamment informée. L’accompagnement et la sensibilisation au geste du tri avec des enquêtes psychosociales sont des outils majeurs pour le déploiement des bonnes pratiques.
Différentes solutions et actions ont été présentées lors des JTED ; d’autres études sont en perspectives mais un même constat : les biodéchets sont une ressource insuffisamment valorisée.
Poser le cadre
- Où en sommes-nous ? L’Etat des lieux du tri à la source des biodéchets – Muriel BRUSCHET – Référente Nationale Biodéchets – ADEME ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- État du traitement des biodéchets sur le territoire de DECOSET : Pascal SOUSA – Chef de service Valorisation Organique – DECOSET ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- BINCY : Collect better – Solution de proximité pour les Huiles Alimentaires Usagées - Wilfried MARTIN – Fondateur et président
- DV2E : Qu’est-ce que la méthodologie « APAT » (Accompagnement Psychosocial pour l’Amélioration du Tri) ? Armance VALETTE - Chargée d’études sociologiques en environnement ► Télécharger la présentation
- HECTOR LE COLLECTOR : Collecte urbaine des biodéchets – Valentin FAMOSE – Directeur Général ► Télécharger la présentation
EAU
L’Eau est en réalité plurielle : Eaux pluviales et de ruissellement, Eaux noires (où urines et matières fécales sont séparées), Eaux grises et Eaux industrielles.
Chacune de ces ressources a des contraintes et des enjeux spécifiques avec ses caractéristiques propres. Les Eaux pluviales représentent des volumes importants ; elles sont souvent collectées séparément et peuvent être stockées de différentes façons : cuves de récupération d’eau de pluie, installations innovantes de stockage (tuiles, clôtures, etc), infiltration, etc. Les Eaux noires ont des enjeux sanitaires et environnementaux majeurs ; une collecte et un traitement spécifiques doivent être mis en place tout comme les Eaux industrielles avec d’autres spécificités.
Les urines représentent un puit en matière organique majeur avec un potentiel de 600 kg/personne/an ; soit 10 fois plus que les fèces. Actuellement seulement 10% de nos excrétas azotés sont valorisés en agriculture ; le reste est restitué à l’environnement. Or les traitements mis en place ont un coût environnemental et énergétique. Considérer les urines non plus comme un déchet mais comme une ressource de nutriments à part entière, valorisable en agriculture, est un changement de paradigme majeur qui permettrait de réduire l’eutrophisation, la consommation en eau et les émissions des gaz à effet de serre ; en contrepartie, une matière fertilisante renouvelable et locale serait produite au profit du secteur agricole.
Ce nouveau paradigme met en avant une économie circulaire sur l’azote ; il peut être étendu à d’autres ressources ; dont l’eau elle-même. Différents acteurs se sont emparés du sujet et ont partagé leurs retours d’expérience durant les JTED.
Poser le cadre
- État des lieux et perspectives de la séparation à la source en France et à l’étranger : Mathilde BESSON - Ingénieur de recherche - CRITT Procédés et Environnement et Tanguy FARDET – Chargé de Recherche INRAE - TBI INSA Toulouse ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- Étude de gisements et d’opportunités pour la valorisation des excreta : Nicolas BIJON : SOLAGRO et Laura LEYRIT - AIA environnement ► Télécharger la présentation
- La révolution du pipi utile : de la collecte à la valorisation en établissements scolaires: Philippe BANCON – Chef d’établissement - Collège St Vincent Hendaye ► Télécharger la présentation
- Projet de réutilisation des eaux pour l’arrosage du futur parc de l’île du Ramier : Ludovic SALVA - Direction du Cycle de l’Eau - Responsable du Service Eau et Aménagement - Toulouse Métropole ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- CACTILE : Utilisez les bâtiments pour stocker et gérer l’eau de pluie : Jean-Baptiste LANDES - Président Fondateur ► Télécharger la présentation
Table-ronde – EAU & DECHETS « Quels freins aux changements de pratique ? »
Animateurs : Etienne PAUL (INSA) et Jean-Philippe DELGENES (INRAE-LBE)
Intervenants : Anne GOMBERT – Psychologue sociale, Centre recherche Lyre, Suez / Camille MESNIL – Chercheuse, programme OCAPI – École des Ponts ParisTech / Muriel BRUSCHET – Référente Nationale Biodéchets – ADEME / Marianne THIBAULT – Coordinatrice nationale – Réseau Compost Citoyen (RCC) / Pascale BRULET – Maître Composteure, Éducatrice environnement – Les mains sur Terre / Bruno ROUSSEL – Directeur général des services – TRIFYL
Résumé:
Cette table ronde a donné lieu à des échanges riches et très constructifs grâce à la pluralité des acteurs ayant pu intervenir, avec des regards croisés et convergents entre la filière eau et la filière déchet.
Il a été question de l’accompagnement et du faire ensemble en termes de gestion du tri et de la valorisation du cycle de la matière. Pour une action concertée et massive, il est important de mettre en place des actions de proximité, des actions de sensibilisation notamment à la compréhension du cycle de valorisation de la matière à l’échelle du territoire. Optimiser le geste du tri passe aussi par la compréhension du cycle de vie du déchet versus de la ressource.
Il a été également souligné l’importance de mixer les solutions, de prendre en compte les spécificités des territoires et des usages ainsi que d’impliquer les acteurs dans le déploiement d’une solution.
Cependant, certaines voies de valorisation nécessitent une massification des flux afin d’optimiser et de rentabiliser le procédé ; cela peut se faire au détriment de la qualité du flux. Il est important d’éviter les biais comportementaux et d’encourager la sobriété en premier lieu.
La table ronde a conclu ses échanges sur les verrous, notamment économiques et politiques, qui ont été rediscutés dans la table ronde de la session suivante.
SESSION 2 | L'IMPORTANCE DES TRAITEMENTS
DÉCHETS
L’ADEME a recensé en 2023 et en France, 667 plateformes de compostage qui traitent 6,8 Mt de déchets ménager alimentaire (DMA) et produisent 2,6 Mt de compost. De même, elle a recensé 16 unités de méthanisation qui traitent 341 kt de DMA et produisent 56 kt de compost et 180 kt de digestat.
La collecte des biodéchets doit faire face à un enjeu crucial : réduire les sources de contamination par des intrants indésirables dont les microplastiques. Les ¾ des microplastiques sont inférieurs à 1 mm et échappent donc au seuil de la future réglementation. Or les impacts toxicologiques et écotoxicologues de leurs dispersions dans les sols agricoles ne sont pas encore évalués.
D’après les intervenants des JTED, les enjeux d’un traitement optimal pour une valorisation optimale reposent sur deux points clefs :
- L’importance d’un tri de qualité : étape essentielle pour une valorisation optimale tant sur les aspects de retour au sol que du verdissement du parc énergétique → sensibiliser à la réduction des emballages et contenants plastiques ;
- La massification des flux : augmenter des volumes de qualité pour sécuriser les filières de traitement tout en encourageant à la sobriété.
Les exposants ont ainsi mis en avant que les biodéchets sont avant tout une ressource de matière organique avec de nombreuses opportunités notamment pour l’économie circulaire à l’échelle du territoire.
Poser le cadre
- Vision nationale des modes de traitement des biodéchets : Muriel BRUSCHET - Référente Nationale Biodéchets - ADEME ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- Solutions pour la valorisation des biodéchets - Entre qualité du tri et efficacité des traitements : Julie ORLIAC – Déléguée générale - FRANCE BIODECHETS ► Télécharger la présentation
- Mieux nourrir les sols pour ainsi mieux nourrir les êtres humains : Caroline THIEFFRY - Coordinatrice Réseau National – Réseau Compost In Situ ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- COMPOST MOTION : Un composteur esthétique et innovant pour favoriser le compostage collectif : Arthur JOURDAN– Fondateur ► Télécharger la présentation
- LABORATOIRE DE GÉNIE CHIMIQUE : Procédés électromicrobiens durables pour la valorisation de biodéchets : Jean-Marie FONTMORIN – Chercheur CNRS, LGC, Université Toulouse, Toulouse INP ► Télécharger la présentation
EAU
Lors de la session 1, il a été démontré que l’eau est plurielle : eaux pluviales (toiture et ruissellement), eaux usées (industrielles, domestiques, traitées ou non), eaux grises ou noires etc. L’eau est également une ressource fluctuante sous tension notamment en période estivale pourtant au cœur de nombreux usages : urbain, industriel, agricole ou domestique. Multiplier les sources permet de réduire la pression sur la ressource (et l’eau potable), de limiter les coûts énergétiques et de renforcer la résilience urbaine.
Le coût de l’eau a été questionné lors des échanges de la session 2. Celui-ci est étroitement lié aux procédés de traitement mis en œuvre en adéquation avec sa typologie (son origine) et de son usage final, lié à la classe de traitement imposé par la réglementation. Un large panel de solutions existe allant de solutions fondées sur la nature à des procédés sophistiqués très performants mais pouvant être consommateurs d’énergie. Il n’existe pas de solution universelle, les solutions sont multiples et doivent être optimisées au cas par cas. La démonstration reste indispensable ainsi que le partage d’expériences ; exercice auquel s’est prêté les intervenants de cette deuxième session.
Les intervenants ont ainsi montré qu’il était possible de sécuriser la ressource en eau en diversifiant les sources en eau ; que les initiatives industrielles ou politiques étaient motrices de nombreuses actions innovantes.
Poser le cadre
- Quelle eau pour quel usage ? d’une matière unique à des solutions multiples : Claire ALBASI - Chercheur Directrice de Recherche – CNRS INP ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- De l’Urine à l’Engrais : Retour d’Expérience sur les Projets Pilotes à Grande Échelle : David DE CHAMBRIER – co-fondateur - VunaNexus ► Télécharger la présentation
- Étude de faisabilité de réutilisation des eaux usées sur la commune de Claira (66) incluant la recharge artificielle de nappe : Denis NEYENS - Chargé de projets innovants – ImaGeau ► Télécharger la présentation
- Le traitement décentralisé des eaux non conventionnelles pour l’irrigation des espaces verts de la Ville d’Agen : Tarik ELJADDI - Gestion de projet R&D – IFTS ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- CHEMDOC WATER TECHNOLOGIES : REWA : le début d’une aventure mobile REUSE : Gilles PERCHERON – Directeur du Marché ► Télécharger la présentation
- TBI - INSA : Réutilisation des eaux grises : quelle échelle pour limiter les impacts environnementaux ? Sarah MANTEAUX – Post-doctorante ► Télécharger la présentation
Table-ronde
EAU & DECHETS « Quels leviers peuvent être mis en place pour soutenir le déploiement des technologies ? »
Animateurs : Claire ALBASI (CNRS-INP) et Jean-Philippe STEYER (INRAE-LBE)
Intervenants : André DURBEC – Vice-Président Transition Écologique et Numérique d’Aqua-Valley et Président d’Éa éco-entreprises / Muriel BRUSCHET – Référente Nationale Biodéchets – ADEME / Ariette SOURZAC – Chargée de mission Innovation, Réutilisation, Micropolluants – Agence de l’Eau Adour Garonne / David DE CHAMBRIER – co-fondateur - VunaNexus
Résumé:
Cette table ronde a posé le doigt sur un sujet qui questionne un grand nombre d’acteurs des filières eaux et déchets : identifier les verrous aux déploiements des technologies.
Le premier constat est qu’il existe en France, une dynamique qui pousse l’innovation malgré les contraintes réglementaires parfois fortes. Cette énergie permet de faire bouger les lignes, notamment sur les réglementations qui, de verrou peuvent devenir des leviers aux déploiements des technologies.
Durant cette table ronde d’autres constats ont été posés. Entre autres, l’importance de faire travailler les acteurs et les filières entre eux afin d’activer les changements de comportement. L’importance de sensibiliser à la fois sur l’innovation et la sobriété : préserver la ressource et les milieux, rime avec sobriété, modérer et recycler. La question de la responsabilité du développement des technologies sur les différents enjeux a été longuement discuté : innover ? oui ! mais en conscience.
SESSION 3 | REFLECHIR LES FILIERES DANS LEUR GLOBALITE
DÉCHETS
La deuxième journée a démarré sous un angle d’accroche percutant : l’anthropocène, la civilisation de la consommation des ressources et des déchets. Cette accroche a mis en avant le besoin de changer de paradigme en découplant le développement économique et la consommation des ressources ; soit promouvoir la bioéconomie et l’économie circulaire. En France, 23 Mt/an de biodéchets dont 9,4 Mt/an de déchets alimentaires sont produits. Ceci représente un gaspillage de 20 à 30 kt de l’utilisation agricole annuelle française et 3% des émissions françaises des gaz à effet de serre.
Différents points ont été discutés par les intervenants durant cette matinée :
- Antagonismes entre valorisation et sobriété des usages ;
- Les modèles économiques : circularité longue distance (massification des flux, rentabilités et partages des responsabilité) vs. Circuits courts de proximité (limiter les coûts d’investissement soit les impacts économiques et environnementaux).
- Vision globale des filières : territoires, acteurs, technologies, réglementation, etc.
Il reste de nombreux sujets à explorer et à expérimenter comme les intervenants ont pu le démontrer.
Poser le cadre
- Quels enjeux pour la gestion des biodéchets dans une perspective de bioéconomie circulaire ? Anne TREMIER - Directrice de Recherche - INRAE ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- Du tri à la valorisation des biodéchets : des solutions pour chaque territoire : Lydie MARTIN, Cheffe de marché biodéchets – SUEZ, Recyclage et Valorisation France, Branche Collectivité et Marion CREST - Responsable du pôle de Recherche et Innovation Bioressources - SUEZ CIRSEE ► Télécharger la présentation
- La démarche ConcerTO : une démarche collaborative avec de l’intelligence collective au service des territoires : Lucyl STAUB - Chargée de mission économie circulaire à la Direction Régionale Occitanie - ADEME ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- CLER VERTS : Ouverture de notre dé conditionneur sur Toulouse : optimiser le schéma logistique des biodéchets sur une grande agglomération pour limiter les impacts : Laurent RODAT – Directeur Général ► Télécharger la présentation
EAU
Transformer les STEU en usines de ressources, créer un lien entre Eau, Energie, Alimentation et Excrétion, tels sont les prochains défis de la filière qui offriront de nouveaux métiers pour le secteur de l’eau.
50% de la population française vit dans des villes ayant une taille supérieure à 50 000 habitants ; dont les effluents sont traités par seulement 5% des STEU du parc français. Ces 5% représentent donc un haut potentiel en termes de gisements ; actuellement sous exploité : plus de 90% des flux en azote sont rejetés au milieu naturel.
Différentes stratégies et solutions de valorisation ont été présentées lors des JTED : production de méthanol, d’ammoniac, valorisation sous forme de cellulose, production d’eaux multi-usages avec des qualités adaptées.
Ces interventions ont ainsi démontré que la récupération des ressources dans les eaux usées n’est plus une utopie mais bien une réalité.
Poser le cadre
Quelle vision globale pour faire des eaux résiduaires urbaines une ressource valorisable : Jean-Pierre TABUCHI - Expert hydrologie et assainissement – Retraité AESN, SIAAP ► Télécharger la présentation
Retours d’expériences
- Récupération de la cellulose : collaboration intersectorielle au service de la ressource et des territoires : Flora BABIN - Responsable développement Europe Central – CirTec B.V. ► Télécharger la présentation
- Val’Réu : Valorisation des Eaux Usées Traitées en milieu urbain : Julie DUCROT - Responsable du Service Usines et Outils Industriels - Toulouse Métropole ► Télécharger la présentation
Flash solutions
- STEP CONCEPT : Réutilisation des eaux traitées à la parcelle : Mathieu COUDERC, Gérant et La PFT GH2O – Pascal BOLOT, Chargé de projets ► Télécharger la présentation
- EPUR AQUA : Filtres plantés et REUT en assainissement décentralisé : Dan-Tâm COSTA – Consultant eau, assainissement, solutions fondées sur la nature et REUT ► Télécharger la présentation
Table-ronde
EAU & DECHETS « Quelle est la place pour une cohabitation entre un système centralisé et une gestion à la source ? »
Animateurs : Anne TREMIER (INRAE-OPAALE) et Mathieu SPERANDIO (INSA-TBI)
Intervenants : Jocelyne DI MARE – Chargée de mission – Agence de l’Eau Adour Garonne / Célinie PINEL-DECLERCK – Responsable Études et Innovation – Toulouse Métropole / Laurent RODAT – Directeur Général – CLER VERTS / Luis OROZCO – Professeur d’économie – Université de Toulouse – Jean Jaurès
Résumé :
La table ronde a échangé sur les modalités de cohabitation entre un système centralisé et décentralisé. En ce qui concerne le traitement centralisé de l’eau, il est important de rappeler qu’il a permis de résoudre de gros problèmes sur les milieux naturels durant les 50 ans dernières années et de diviser par quatre les flux en carbone et en azote et par deux les flux en phosphore. Le Plan Eau oblige aujourd’hui à aller explorer de nouveaux domaines dont l’économie circulaire et une gestion à la source des contaminants.
Du fait de leurs structurations, les systèmes collectifs rassurent. La mise en place de systèmes hybrides semble prometteur au regard des enjeux environnementaux, sociétaux et économiques. Ce type de système va nécessiter la mise en place de services compétents notamment sur la REUSE, la séparation à la source, les eaux grises, etc. Ainsi que la mise en place d’un observatoire. Il y a un véritable besoin de retours d’expérience sur ces sujets.
Pour les deux filières, un enjeu majeur des prochaines années repose sur la sensibilisation au changement de pratique et de paradigme.
Pour conclure, la gestion linéaire des flux (biodéchets, nutriments, ressources en eau) est en cours de changement avec des approches circulaires et de proximité. La solution n’est pas unique ; trouver un équilibre entre circularité longue distance et gestion de proximité tout en maintenant le cap sur la sobriété. Tout est à imaginer et à créer.
VISITE DE SITE | CLER VERTS
CLER VERTS à Bélesta-en-Lauragais
Nous avons eu l’opportunité de visiter 4 unités de Cler Vert à Bélestat en Lauragais :
- Bois : différentes filières de valorisation locales adaptées aux besoins et aux ressources disponibles ;
- Déchets verts : unité historique avec un compost de qualité ;
- Méthanisation : valorisation des déchets alimentaires sous forme d’énergie avec un retour au sol des digestats ; la boucle est bouclée ;
- Biochar : différentes technologies de pointe pour valoriser le bois et améliorer la qualité du sol ainsi que sa capacité à retenir l’eau.